Assemblée générale des travailleurs sans statut légal (mal appelés « sans papiers »)

Assemblée générales de travailleuses et travailleurs sans statut légal.
Relançons le débat pour une régularisation éventuelle.
Le 17 octobre prochain on convoque une assemblée générale des travailleurs sans statut légal (mal appelés « sans papiers ») à 18h00 heures, Chemin Suriman 5 soutenue par le syndicat UNIA et CTSSL Arrêt du bus 6, 19 Charmilles

TOUS !!! SYNDICALISÉS OU PAS, MEMBRES DU CTSSL OU PAS!!! L’IMPORTANT EST D’ÉCOUTER TON AVIS.

Nous sommes conscients que la motivation n’est pas au top, mais ils ne nous restent plus que deux options : continuer comme dans l’état actuel des choses ou essayer de relancer le débat sur la régularisation.

Continuer dans l’état actuel des choses.
Il est ici nécessaire de faire un devoir de mémoire pour ceux qui pensent que rien ne se passe ici ou qu’il ne s’est rien passé et avoir une perception plus claire de la situation. 6 ou 7 années en arrière, il était inimaginable pour un travailleur latino-américain une régularisation qui ne s’effectuait pas par le biais du mariage. Nous vivions presque cachés. Depuis qu’on a lancé le débat, on a gagné quelque chose et certains ont pu régulariser leur situation, par le biais des syndicats ou avec des avocats privés, bien que la grande majorité soit restée dans l’ombre. Le travail Collectif de soutien aux sans-papiers de Genève a été excellent, mais n’oublions pas que ce groupe est formé par ONGs, syndicats et partis politiques de gauche ce qui place la revendication de la RÉGULARISATION sur un plan purement politique. Entre 2002 et 2008 l’Office fédéral de migration a rejeté 6 demandes sur 10 de régularisation tandis que pour les requérants d’asile les réponses positives atteignent 8 sur 10 après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi
Les travailleurs sans statut légal sont confrontés à une sévérité particulière de la part de l’administration fédérale. Cette discrimination est manifeste, sans entrer en profondeur dans les comparaisons, avec la durée de séjour exigée pour une régularisation éventuelle : 5 ans pour les requérants d’asile et 10 pour nous dans le cas de personnes célibataires et 7 pour les familles. Face à cette inégalité, la mobilisation est nécessaire et justifiée.
Que c’est-il passé avec les personnes qui ont présenté une demande de régularisation qui leur a été refusée ? Ils ont dû changer de maison et de travail, ils sont restés dans des conditions plus précaires qu’avant de présenter la demande. La plus part d’entre eux sont ici depuis plusieurs années.
Le futur de nos enfants est hypothéqué. Nous devons faire avancer de nouveau le débat. Il est nécessaire de faire comprendre à la société que nous sommes des personnes et non pas un nombre perdu dans un certain tiroir du Conseil d’état Genevois (nous parlons des dossiers déjà présentés à l’état il y a 5 ans). Nous avons besoin de vous. Venez nombreux, pour leur montrer notre force. Regardons de ces yeux sans visage et nous verrons qu’il n’y a pas de voies mortes.
Vivre sans exister, comme le cas de Mirtha la dame équatorienne fauchée par une voiture à Lausanne qu’après 7 ans a reçu pour seul document celui de l’expulsion. Est-ce bien cela que nous voulons ? Il est évident que non !

La ville comme prison.
Le Chèque Service ou emploi ne doit pas s’éterniser.

Il est lancé en 2004 pour favoriser le paiement de prestations par les patrons. Ils nous l’ont montré comme oasis mais il n’est qu’un mirage au milieu de ce cauchemar.
Il a effectivement amélioré la qualité de la vie pour les travailleurs du service domestique, mais dans le fonds il n’a rien envier à la politique des propriétaires fonciers de la colonisation quand ses esclaves ont commencé à recevoir un salaire minimal, qu’ils devaient ensuite restituer en échange de nourriture et logement. Nous pourrions aussi comparer notre situation à celle des commerçants italiens qui devaient payer un impôt à la maffia pour pouvoir éxercer leurs activités.
Nous payons pour être exploités. Nous jouissons de parcs et bibliothèques, l’un des derniers cadeaux des politiciens pour les sans papiers, mais nous ne pouvons même pas rêver de vacances ou de voyages puisqu’il est interdit. Nous devons travailler jusqu’à ce que les forces nous abandonnent et ensuite, quand nous serons malades, nous pourrons penser à des vacances définitives puisque nous ne serons plus utiles à la société. Puisse cette vision paraître trop dure, c’est ainsi que nous voyons ce chèque service ou emploi. Nous sommes convaincus que les droits des travailleurs ne doivent pas être sélectifs. Comment peut-il être possible qu’un pays comme la Suisse soit doté de lois où des travailleurs avec 6, 10 ou davantage d’années d’ancienneté soient condamnées à la clandestinité et comme seule sortie… le chèque service.
Nous savons déjà que l’état Suisse est champion pour créer des emplois et leur accrocher des jolis noms pour mieux exploiter les travailleurs migrants : insertion sociale, d’intérêt public solidaire, chèque emploi, etc.

La confédération a déclaré la guerre au travail « au noir » qui est effectué dans 90% par des personnes suisses ou avec situation régularisée. L’économie souterraine est soutenue hypocritement par l’état lui-même. Le bénéfice est assez important alors que des économies sont réalisées dans la création de crèches, maisons de retraites,…
Avec le chèque service nous avons droit à toutes les assurances sociales y compris le deuxième pilier pour les salaires qui dépassent 19′ 890. Ceci est ironique quand nous savons qu’un grand pourcentage des charges qui correspondent au patron sont assumées par le travailleur dans l’espoir d’avoir un justificatif et pouvoir être régularisé. Ceci est un faux espoir car la fiche de salaire ne remplace pas un contrat de travail et dans aucun cas le permis de séjour. En cas de contrôle nous serons sanctionnés par séjour irrégulier. Le patron qui paye les prestations ne sera pas amendable. La situation des patrons reste régularisée et les travailleurs demeurent « jetables ». Il est par ailleurs important de rappeler que les informations seront protégées jusqu’à 2010, ensuite personne ne sait ce qu’il se passera. Avec la loi votée il y a deux ans sur le travail au noir… les entités d’assurances, la police et l’administration fiscale sont obligés d’extrapoler l’information pour détecter les possibles fraudes.

A cause de tout cela, pour sortir de cette situation, nous vous invitons à une assemblée le 17 octobre, 5 rue de Suriman, siège du syndicat UNIA. A vous de décider de ne pas fermer toutes les possibilités.

Qu’avons-nous fait pour la régularisation ? Qu’avons-nous risqué ? A notre avis, rien. Le Collectif de soutien a pu effectuer un travail politique énorme et les « sans papiers » ne figurent pas parmi les électeurs potentiels. C’est un sujet qui n’est pas d’actualité maintenant. La balle est dans notre camp. Nous savons déjà que sans pression sociale aucune loi n’a jamais été changée ou que ce soit. C’est aujourd’hui votre voix qui doit être écoutée. Ne manquez pas !